L’avocat face à la médiation – 8. Avant le procès

20/07/2026

L’avocat face à la médiation – 8. Avant le procès

𝗟’𝗮𝘃𝗼𝗰𝗮𝘁 𝗳𝗮𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 – 𝟴. 𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲̀𝘀.

Ce matin, sur mon fil, le post d’un « coach en conflits du travail », ou quelque chose de ce genre.
Et ces mots : « Il existe une étape avant l’avocat. »

Décidément, pensé-je, on trouve vraiment de tout sur LinkedIn : des avocats, des consultants, des coachs, des accompagnants… tous sur un pied d’égalité.

En réalité, ce n’est pas « avant l’avocat » qu’il y a une étape, c’est « avant le procès ».
Relisons l’article 1er du Code de procédure civile : « Seules les parties introduisent l’instance… »

À bien y regarder, c’est l’un des rares articles du Code qui parlent d’abord de liberté avant de parler de procédure.
Décider d’agir, ou non, ce n’est pas cocher une case : c’est mesurer ce que le procès apporterait, en droits, en prix à payer – et l’on ne parle pas d’argent.
Sans cette mesure, que seul peut prendre celui qui a l’expérience du judiciaire, la liberté n’est qu’un mot.

La place de l’avocat est légitime dans ce moment où s’expose le conflit, avant même d’ester en justice.
Mais rien n’y est acquis : hors du procès, en médiation, l’avocat n’a aucun privilège, aucun titre particulier à intervenir.

Ce qui nous renvoie à la période 1790-1791, avec d’abord la suppression du costume des avocats, puis l’entrée en scène des « défenseurs officieux ».
Avec eux, pas d’ordre, ni serment, ni discipline : juste des personnes auxquelles un justiciable décide de faire confiance, occupant la place des avocats – mais avec des dérives qui ont conduit au rétablissement de l’ordre et du monopole.

L’histoire repasse-t-elle les plats ?
Si, à l’origine, on désignait l’amiable comme alternative au procès, la perspective s’est désormais renversée.
On ne vient plus voir l’avocat pour une procédure, mais pour un différend.
A titre d’exemple, le salarié vient de plus en plus « pour négocier » avec l’employeur.

Au vrai, si le procès reste possible, il n’est même plus une alternative, plus souvent un repoussoir, ce qui n’est pas sain.
Car chez celui qui cherche une solution, il y a toujours un besoin de justice, indissociable du droit ; si aucun accord ne se trouve, il doit rester une porte de sortie judiciaire, sans que ce soit un échec.

Or, en tant que repoussoir, le procès n’éclaire pas, il dissuade.
C’est ce vide qu’occupent les nouveaux « défenseurs officieux », y compris en médiation.

Plutôt que de déplorer la situation, l’avocat doit habiter tout l’amiable, avec ce qu’il peut y apporter.
Et rester le gardien de l’autre versant : d’un judiciaire qui, tôt ou tard, devra redevenir une alternative crédible – lorsqu’il pourra à nouveau garantir que faute d’accord, la loi retrouvera son empire.


𝘈̀ 𝘲𝘶𝘰𝘪 𝘫𝘦 𝘴𝘦𝘳𝘴 ? 𝘖𝘶̀ 𝘷𝘢𝘪𝘴-𝘫𝘦 ? 𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘯𝘰𝘶𝘷𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘴𝘦́𝘳𝘪𝘦 𝘦𝘴𝘵𝘪𝘷𝘢𝘭𝘦, 𝘫’𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘳𝘰𝘨𝘦 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘧𝘢𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘮𝘰𝘯 𝘮𝘦́𝘵𝘪𝘦𝘳, 𝘣𝘰𝘶𝘴𝘤𝘶𝘭𝘦́ 𝘱𝘢𝘳 𝘭𝘢 𝘮𝘦́𝘥𝘪𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯.

 

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