
L’avocat face à la médiation – 13. Mon collaborateur, mon compagnon
2003, première collaboration.Un dossier arrivait sur mon bureau parfois le matin de l’audience, prêt à être plaidé, sans que j’en aie jamais entendu parler auparavant

2003, première collaboration.Un dossier arrivait sur mon bureau parfois le matin de l’audience, prêt à être plaidé, sans que j’en aie jamais entendu parler auparavant

Un dimanche de printemps, dans un vide-grenier de ce Brionnais où j’aime à me ressourcer.Là, sur un étal, un ouvrage défraîchi me fait de l’œil

« Pourquoi aurais-je besoin de la médiation ? Je ne l’ai pas attendue pour négocier avec mes confrères. »Il n’y a pas si longtemps, c’était
Le sujet : le rôle de l’expert après le décret du 18 juillet 2025.
À la tribune comme dans la salle, des experts, des juges, des avocats.
Des échanges riches, un partage de regards.
Avec en filigrane, le constat que le décret ouvre des possibles, mais que la pratique est loin de s’être emparée des nouveaux instruments, que tout reste à faire sur le terrain.
Des échanges plus animés, aussi, lorsque fut abordée la possibilité de donner à l’expert mission de concilier.
Car il y a là une vraie question.
Demander à celui qui produit une vérité technique de piloter ensuite un espace dans lequel son rapport cesse d’être le centre de gravité du dossier, cela ne va pas de soi.
L’occasion d’un nouvel épisode de la querelle des Anciens et des Modernes.
Non pas entre ceux qui auraient raison et ceux qui auraient tort, mais entre des logiques professionnelles qui peinent encore à se rencontrer.
Les uns attachés à la rigueur des rôles, les autres ouverts à leur redéfinition.
En l’espèce, le « juge de paix », ce ne sera ni le texte, ni les colloques.
Ce ne sera pas davantage les professionnels eux-même.
Ce sera la réalité : les justiciables et leurs attentes.
Pour l’heure, il y a des habitudes et des réflexes, des équilibres bien en place, des identités professionnelles construites dans la durée, et qui ne se modifient jamais sans résistance.
Mais le jour où les justiciables refuseront d’attendre, de subir les délais, de se perdre dans des logiques qui ne sont pas les leurs, les lignes bougeront.
Toutes les bonnes volontés devront être mises à contribution, avec implication et déontologie.
La question n’est sans doute pas de savoir si l’amiable va s’imposer.
Mais, lorsque ce moment viendra, qui sera prêt.