Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 5. Evaluer la médiation ?

25/04/2026

Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 5. Evaluer la médiation ?

À la suite du rapport de l’Inspection Générale de la Justice du 20 janvier 2026 (https://lnkd.in/evXKd5cc), le CONSEIL NATIONAL DE LA MEDIATION fait le constat de l’invisibilité de l’activité amiable dans les juridictions.
Au-delà, il serait effectivement utile que la médiation puisse être évaluée, qu’elle soit suivie dans ses effets, et que les résultats en soient mesurés.

Dans le rapport, deux recommandations y sont consacrées, à l’adresse des centres et services de médiation.
Si la recommandation 61 préconise des suivis post-médiation pour évaluer la durabilité des accords et la satisfaction à long terme, la recommandation 62 imagine des retours qualitatifs des parties prenantes – médiateurs, personnes en médiation, avocats.

L’idée ?
« Évaluer les aspects subjectifs de la médiation, tels que le ressenti et la satisfaction des parties sur le processus et l’efficacité du médiateur, la perception de l’équité du processus et de ses résultats. »

Rien à redire : toute pratique sérieuse doit rendre des comptes.

Allons plus loin dans l’observation.

Le rapport reconnaît que la médiation produit des effets qui ne se réduisent pas à un résultat, qu’un processus peut être perçu comme équitable, ou non, indépendamment de son issue.
C’est admettre qu’un accord n’est pas nécessairement une réussite, et qu’une médiation sans accord n’est pas nécessairement un échec.
Qu’il faut pouvoir mesurer ce qui s’est réellement passé.

Ce faisant, c’est constater que les statistiques, pour qui un accord est un accord, et un non-accord un non-accord, sont insuffisantes.

La question n’est donc pas de refuser l’évaluation et ses outils, mais de savoir ce que l’on veut en faire.
Car les indicateurs ne se contentent pas de mesurer, ils orientent.
Et si l’on n’y prend garde, ils nous conduiront à réduire l’observation aux dossiers « gagnables », aux accords rapides, et nous emmèneront finalement vers une médiation à objectif.

Il faut le dire explicitement.
Car il serait paradoxal que la promotion de la médiation se fonde sur un malentendu.

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