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Il y a 4 ans, une éternité, le métavers était sur toutes les lèvres, dans tous les posts.
Et puis plus rien.
La technologie, nous a-t-on dit, était défaillante, imparfaite. Ce n’était pas forcément un problème, car l’évolution vertigineuse de l’IA nous dit que les défauts ne sont que provisoires.
Le constat est juste que cette technologie a été désertée – on tentera d’y revenir, sans doute, mais sous une autre forme.
La raison profonde ?
On ne vit pas vraiment dans un monde d’avatars : on peut s’y projeter, pas y vivre.
Je connais un autre monde de ce type.
On y entre avec sa vie, c’est-à-dire ses affects, ses peurs, ses rancœurs, ses espérances.
Mais très vite, sous nos yeux, une transformation se produit : les personnes deviennent des parties ; les émotions des moyens, les souvenirs des pièces.
Et encore !
Il y a les faits juridiquement pertinents, et ceux qui ne le sont pas, qui deviennent alors invisibles.
Quant à la parole, portée par un autre, elle devient assignation, conclusions – des « écritures », figées.
Pour un juge, qui doit appliquer le droit, qui n’était pas présent à l’origine de la discorde, tout cela est indispensable.
Mais les parties, elles, assistent, sidérées, à l’émergence d’une vérité qui n’est pas tout à fait la leur, à un débat qui n’est pas leur conflit.
Et tout cela, dans une temporalité insensée.
En vérité, cette « chose des parties », selon le langage des processualistes, est une dépossession.
Ce monde virtuel, c’est le procès.
La différence avec le métavers ?
Personne n’a forcé les gens à y entrer.
Dans le procès, non plus, formellement.
Mais c’est souvent la seule issue qui leur est proposée, par habitude, tradition, construction sociale.
La médiation, c’est peut-être simplement rouvrir la porte du réel.
Remettre des personnes face à face, dans leur réalité.
C’est leur redonner la parole. Non pas une parole filtrée, juridiquement optimisée, mais une parole vivante.
La médiation, ce n’est pas la fin du procès.
Lui, il continuera à exister, comme instrument technique de régulation lorsque l’horizon restera bouché.
Mais elle, c’est une ouverture.
La possibilité de remettre du vivant là où il n’y aurait qu’un dossier de papier.
Contrairement au métavers, des gens y vont.
Et parfois, quelque chose s’y répare, s’y reconstruit.


