Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 12. Et l’IA ?

08/05/2026

Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 12. Et l’IA ?

Le rapport du CNM l’a inscrit dans le recueil déontologique : le médiateur qui recourt à l’intelligence artificielle doit conserver le contrôle humain de la médiation et de sa conduite.
Il doit informer, recueillir le consentement, veiller à la confidentialité.

Surtout, selon le rapport, la médiation ne peut consister « exclusivement » en un traitement automatisé ou algorithmique.

La limite est claire : l’IA ne peut être qu’un outil, jamais le cœur du processus.

La compétence C1-5 du référentiel de formation proposé par le CNM dit la même chose autrement : utiliser les potentialités de l’IA pour garantir la primauté de l’humain.

Mais pourquoi cette primauté ?
Est-ce seulement une posture philosophique ?

Reprenons.

Un algorithme peut cartographier un conflit, identifier des sentiments, des besoins, modéliser des solutions, et parfois de manière très fine et bienvenue.
Il peut même aider le médiateur à neutraliser ses biais.
Mais il ne peut pas percevoir le moment où quelque chose bouge dans la relation.

Ce silence qui précède une parole vraie, celui qui la suit.
Cette fatigue d’avoir raison.
Cet instant imprévisible où l’un cesse de regarder l’autre comme un adversaire.
Le lien qui se recrée… ou pas.

La médiation, ce n’est pas une négociation sur des intérêts.
Ce n’est pas l’application mécanique d’un processus.

C’est du travail sur de l’humain, par de l’humain.

Le CNM a eu raison d’inscrire cette question dans la formation et dans la déontologie.

Parce que la question de l’IA comme outil se pose, et il faut l’affronter.
Lucidement, sans esquiver.


Mais la vraie question est ailleurs : peut-on encore appeler médiation un processus où l’humain ne serait plus au centre ?

 

Douze posts sur un rapport.

Une même question, déclinée autrement à chaque fois : de quoi la médiation a-t-elle besoin pour rester elle-même ?

Je n’ai pas trouvé de réponse unique.

Et peut-être n’y en a-t-il pas.

À chacun de cheminer.

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