Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 11. Le justiciable du 21ème siècle

05/05/2026

Après le rapport du Conseil National de la Médiation – 11. Le justiciable du 21ème siècle

Le rapport du CNM le relève : tous les justiciables n’ont pas une réelle connaissance de la médiation.

C’est un euphémisme. Le justiciable d’aujourd’hui n’est pas ignorant, plutôt saturé.
Il arrive avec son dossier, bien avancé : une analyse juridique, des pièces. Parfois avec l’aide d’un avocat, parfois avec une intelligence artificielle, parfois seul, au fil des forums et des vidéos qui promettent d’expliquer comment gagner son procès, et lui proposent des conclusions pour 1€.

Ce quelque chose qu’il a reconstitué est parfois juste, souvent partiel, et presque toujours arrêté sur une idée.
Il vient pour gagner, et veut une décision.
Maintenant.

Mais voilà qu’on lui dit lui qu’on va d’abord parler.
Ce qu’il entend : on va perdre du temps.

Le CNM l’a identifié, et c’est pourquoi il recommande un portail numérique, des campagnes d’information, une sensibilisation dès l’école.
L’objectif : un consentement libre et éclairé, vérifié par le médiateur avant d’ouvrir le processus.

L’exigence est juste.
Mais elle suppose que celui qui se présente soit en situation de consentir librement.

Est-ce le cas ?
Il sait que son absence sera relevée, qu’une amende civile peut tomber, et que le juge, ensuite, saura.
Alors il vient.
Il accepte, ou ne refuse pas ; ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Alors que le rapport parle de volontariat, le décret organise autre chose.
Ces deux réalités coexistent, et gagneraient à être nommées ensemble.

Car c’est un adulte responsable, capable d’un choix réel.
C’est lui qui devra trouver l’issue – à la fin, il n’y aura personne d’autre.

C’est à ce justiciable-là – informé, équipé, pressé, mais rarement préparé – que s’adresse désormais la politique de l’amiable.

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