Dans la série que j’avais consacrée au rapport du CONSEIL NATIONAL DE LA MEDIATION, j’avais parfois été circonspect quant à certaines de ses 75 recommandations.
Il avait cependant une qualité indéniable : il pensait la médiation globalement.
Définition, déontologie, formation, financement, évaluation…
Certes, on pouvait discuter les réponses, mais au moins, on se posait les questions.
Restait celle du CNM lui-même qui, plutôt que de disparaître avec l’achèvement de son premier mandat, plaidait pour sa pérennisation.
C’est désormais chose faite.
Le décret du 13 août 2026 a revu sa composition et ses attributions, tandis que l’arrêté publié samedi au Journal officiel vient de nommer ses membres.
Épilogue de cette série, donc.
Mais prologue d’une autre histoire ?
En découvrant ce CNM nouveau, une mauvaise pensée m’est venue :
une « Haute Autorité de la Médiation » ?
Une constatation, d’abord.
Le vœu du CNM de survivre a rencontré une tendance lourde de notre haute administration : lorsqu’elle s’empare d’un objet qu’elle entend développer, elle fait ce qu’elle sait faire ; organiser, structurer, produire du texte.
Le nouveau CNM rassemble administration, juridictions, professions du droit, personnalités qualifiées et neuf représentants d’associations de médiation.
Les médiateurs sont donc là, et bien là.
Quant à ses attributions, il pourra aussi créer des comités et groupes de travail, en les ouvrant à des personnalités extérieures.
Il pourra surtout rendre des avis sur l’interprétation du recueil de déontologie applicable à la pratique de la médiation.
Tiens ? Voilà qui mérite qu’on s’y arrête.
Dans le rapport, l’une de ses membres se félicitait précisément de « l’absence de pouvoir normatif du CNM » (p. 9).
Pourtant, après avoir élaboré le recueil, le CNM pourra désormais nous expliquer comment il convient de le lire.
On dira qu’un avis n’est pas une norme, évidemment…
… sauf à raisonner en termes de soft law – ce dont, précisément, la médiation n’est pas très éloignée.
En ce sens, l’avis pèsera.
Revient alors mon obsession : le terrain.
Il est représenté, et pourra être consulté, peut-être même largement.
Mais le terrain n’est pas une catégorie que l’on représente, consulte, cartographie ou organise.
C’est l’endroit où les choses ne se passent jamais exactement comme les textes avaient prévu qu’elles se passent.
Là où le médiateur médie, l’avocat accompagne, le magistrat oriente.
Où les médiations réussissent, échouent ou ne commencent jamais.
C’est de là que la médiation est partie, et c’est sans doute là qu’il faudra continuer à aller la regarder.
Car la médiation prétend rendre aux personnes du pouvoir sur leur conflit.
Il serait tout de même dommage qu’à force de vouloir la faire grandir, on finisse par construire une administration de la médiation.

Avant
Pourquoi, déambulant dans les rues sages de Charlieu, dans la Loire, suis-je entré dans cette boutique de tableaux anciens ?Pourquoi me suis-je arrêté devant cette

