Quel médiateur suis-je en train devenir ?

28/02/2026

Quel médiateur suis-je en train devenir ?

Je ne cesse de me demander quel avocat je suis devenu.

La réponse ne tient ni dans un diplôme ni dans un titre, pas davantage dans un savoir, un savoir-faire ou un faire-savoir.
Elle s’est construite dans les dossiers, les conflits, les défaites mais aussi les victoires (qui n’enseignent pas moins).
Dans les rencontres, surtout, qui sont à la base de tout cela.
C’est ainsi que l’on se construit professionnellement, que peu à peu l’on se rapproche de ce que l’on est, personnellement.

De fait, l’intelligence artificielle ne nous permet plus d’esquiver longtemps cette question.
Ce que nous sommes devenus en traversant la vie et ses épreuves, c’est peut-être la seule chose qu’elle ne nous prendra pas.
Et c’est heureux, car au fond, la personnalité de l’avocat donne sens au rapport de confiance qui fonde la relation avec le client.

En tant que médiateur, un peu moins avancé sur le chemin, je me pose la même question.

On apprend les techniques, on acquiert la maîtrise des outils, on s’inspire de modèles.
Tout cela est indispensable : nous sommes des professionnels.

Mais il y a un moment où l’on entre dans la pièce, et ce n’est plus la méthode qui tient l’espace, c’est soi.
Alors qu’on demande aux parties de tomber les masques, peut-on conserver le sien ?

Dans le processus technique, le médiateur occupe une place singulière.
Il demeure cependant un être de chair et d’os, un humain qui entre en relation avec d’autres humains.
En entrant dans cette pièce, il engage sa manière d’écouter, de cadrer, de supporter le silence, de contenir le rapport de force, de tendre vers une neutralité qui est d’abord une discipline.

Il ne peut prétendre devenir un autre que ce qu’il est.
C’est une question d’éthique.
Pour lui, l’authenticité n’est pas un slogan, mais une nécessité.

Alors la question revient, simple en apparence : qui suis-je lorsque j’endosse la fonction de médiateur ?
Je pressens que la réponse ne sera jamais ni évidente, ni définitive, qu’elle se construit en marchant.
Au fond, c’est peut-être à cela que la médiation nous engage.

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