Les mots simples, dignes, de la maman de Lola, au sortir de la salle d’audience, résonnent au tréfonds de notre humanité.
Ils disent le soulagement d’une famille, traduisent une attente qui n’a pas été vaine, renvoient à ce besoin essentiel que la justice passe. La justesse d’un moment rare.
Et l’on ne peut s’empêcher, en creux, d’y entendre un écho : celui du besoin de justice qui s’exprime plus discrètement, loin du pénal, dans l’ordinaire du contentieux civil.
Le besoin légitime de ceux qui viennent nous confier les petits ou grands malheurs de leur vie personnelle ou professionnelle, les heurts qui minent une relation familiale ou commerciale, les blessures qu’ils veulent voir réparer – et qui espèrent un juge qui écoute, tranche, comprenne.
La justice du quotidien, qui est aussi une promesse démocratique : que la loi soit appliquée également pour tous.
Là, pourtant, on ne promet plus grand-chose.
On ne laisse plus espérer au justiciable que la justice passera, seulement qu’il n’existe qu’une probabilité – plus ou moins élevée – que la règle de droit sera appliquée dans le bon sens, à une échéance indéterminée et parfois hors d’atteinte.
Car le système judiciaire est épuisé, essoufflé à l’extrême.
Pour le maintenir en vie, les bonnes fées qui nous gouvernent en restreignent l’accès, réduisent les degrés de juridiction, multiplient les filtres amiables, nous donnent des outils sans réel souci de leur pertinence ; et ce, nous dit-on, « sous le regard du juge » – mais d’un juge qui, souvent, ne sait plus où, ni comment, ni pourquoi regarder.
Alors, à nous, auxiliaires de justice, de devenir praticiens de l’amiable.
Il n’y a plus d’alternative.
Malgré tout, à bien y regarder, il y a là une chance.
𝗡𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲𝘀𝗰𝗲𝗻𝗱𝗲 𝗱’𝗲𝗻 𝗵𝗮𝘂𝘁, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘃𝗮𝗶𝗻𝗰𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗼𝘀𝘀𝗶𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱’𝘆 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲𝗿 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀, 𝗮̀ 𝗵𝗮𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱’𝗵𝗼𝗺𝗺𝗲 – 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗰𝗿𝗲́𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗽𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲, 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘀.
Nous avons, en partage, la responsabilité d’y œuvrer.
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🕊️ 𝙋𝙤𝙪𝙧 𝙢𝙤𝙞, 𝙖𝙫𝙤𝙘𝙖𝙩 𝙘𝙞𝙫𝙞𝙡𝙞𝙨𝙩𝙚 𝙫𝙚𝙣𝙪 𝙙𝙪 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙚𝙣𝙩𝙞𝙚𝙪𝙭 𝙚𝙩 𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚́ 𝙖̀ 𝙡𝙖 𝙢𝙚́𝙙𝙞𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙡’𝙖𝙢𝙞𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣 𝙨𝙪𝙟𝙚𝙩, 𝙦𝙪𝙞 𝙫𝙖 𝙗𝙞𝙚𝙣 𝙖𝙪-𝙙𝙚𝙡𝙖̀ 𝙙’𝙪𝙣𝙚 𝙩𝙚𝙘𝙝𝙣𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙤𝙪 𝙙’𝙪𝙣 𝙙𝙚́𝙘𝙧𝙚𝙩. 𝙐𝙣 𝙚𝙣𝙟𝙚𝙪 𝙙𝙚 𝙘𝙞𝙩𝙤𝙮𝙚𝙣𝙣𝙚𝙩𝙚́.

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

