Le jugement est tombé : il nous déboute de toutes nos demandes, prononce contre mon client une condamnation financièrement insupportable.
Un jugement inattendu, unilatéral, injuste, et… avec exécution provisoire (évidemment).
Dévastateur ? Non, car il ne servira à rien.
La veille au soir, après des mois de négociation – et d’ultimes complications liées, de l’autre côté, à l’extranéité de la partie, à la difficulté de localiser un des signataires, à la barrière de la langue et à l’intermédiation de confrères étrangers – un protocole d’accord transactionnel avait été signé.
Un accord structuré, équilibré, où mon client avait jugé qu’il trouvait son compte.
Signé trop tard pour empêcher le jugement, annoncé pour le lendemain matin.
Mais pas trop tard pour l’écarter : le protocole prévoyait expressément que les parties le tiendraient pour inopposable s’il devait être prononcé malgré tout.
Cette fois-ci, nous savons avec certitude de quoi l’avenir aurait été fait si nous n’avions pas transigé.
Il aurait été bien sombre pour mon client, dont le soulagement est infini.
A l’inverse de notre adversaire, qui se mord peut-être les doigts d’avoir précipité la signature. Sans doute le confrère, ses homologues et leur client se sont-ils lancés dans une session d’explications, que j’imagine peu agréable.
Logique, humain. Comment s’en empêcher ?
Alors, en amiable, y a-t-il de la place pour des regrets ?
Dans l’immense majorité des cas, on ne sait guère de quel côté la pièce serait retombée si l’on avait laissé le procès suivre son cours, et on ne peut qu’échafauder des hypothèses.
Mais le choix, celui d’en terminer ainsi, les clients en connaissent les raisons – toutes les raisons.
Le constat de l’aléa judiciaire n’est que le point de départ de la décision de se donner à l’amiable.
Au-delà, les avocats ont fait leur travail d’accompagnement, ils ont éclairé, débattu, jusqu’à parvenir à 𝗹’𝗮𝗰𝗰𝗲𝗽𝘁𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝘀𝘀𝘂𝗲 – pas pour eux, mais pour les clients, seuls maîtres de leurs intérêts, de leurs besoins.
Et ceux-ci ont fait leur choix : ils ont signé.
En conscience. Et en liberté.
𝗣𝗼𝘂𝗿 𝗰𝗲𝗹𝗮, 𝗶𝗹 𝗻𝗲 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘆 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗿𝗲𝘁.
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🕊️ 𝙋𝙤𝙪𝙧 𝙢𝙤𝙞, 𝙖𝙫𝙤𝙘𝙖𝙩 𝙘𝙞𝙫𝙞𝙡𝙞𝙨𝙩𝙚 𝙫𝙚𝙣𝙪 𝙙𝙪 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙚𝙣𝙩𝙞𝙚𝙪𝙭 𝙚𝙩 𝙛𝙤𝙧𝙢𝙚́ 𝙖̀ 𝙡𝙖 𝙢𝙚́𝙙𝙞𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣, 𝙡’𝙖𝙢𝙞𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣 𝙨𝙪𝙟𝙚𝙩, 𝙦𝙪𝙞 𝙫𝙖 𝙗𝙞𝙚𝙣 𝙖𝙪-𝙙𝙚𝙡𝙖̀ 𝙙’𝙪𝙣𝙚 𝙩𝙚𝙘𝙝𝙣𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙤𝙪 𝙙’𝙪𝙣 𝙙𝙚́𝙘𝙧𝙚𝙩. 𝙐𝙣 𝙚𝙣𝙟𝙚𝙪 𝙙𝙚 𝙘𝙞𝙩𝙤𝙮𝙚𝙣𝙣𝙚𝙩𝙚́.

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

