Petit plaisir coupable ce matin.
Trouver, dans le numéro de novembre 2025 de l’AJDI, un article écrit à quatre mains avec Philippe FAVRE-RÉGUILLON, au sein d’un dossier dédié aux « 𝘯𝘰𝘶𝘷𝘦𝘢𝘶𝘹 𝘷𝘪𝘴𝘢𝘨𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘭’𝘦𝘹𝘱𝘦𝘳𝘵 𝘫𝘶𝘥𝘪𝘤𝘪𝘢𝘪𝘳𝘦 𝘢𝘱𝘳𝘦̀𝘴 𝘭𝘦 𝘥𝘦́𝘤𝘳𝘦𝘵 𝘥𝘶 18 𝘫𝘶𝘪𝘭𝘭𝘦𝘵 2025 ».
Au-delà de la rencontre humaine entre un avocat et un expert – là, on savait que ça se passerait bien 😜 -, un croisement de regards.
Non pour être les énièmes commentateurs de la réforme de l’amiable, mais pour l’éprouver dans sa mise en œuvre.
Ce qu’elle change, ce qu’elle bouscule, ce qu’elle laisse encore de côté ; ses lacunes aussi, sa relative déconnexion avec la pratique.
Dans ce travail, se sont renforcées une constatation commune et une conviction partagée.
𝗟𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻, presque clinique, c’est qu’en judiciaire, chacun défend ses positions : l’avocat, les intérêts de son client ; l’expert, son objectivité technique ; le juge, l’application de la loi.
Un petit monde qui se côtoie, se respecte, mais s’observe trop souvent en chiens de faïence – chacun sur son axe, dans un équilibre exigeant mais fragmenté.
Le dialogue existe, mais il reste souvent l’affaire d’attitudes individuelles, vite effacées par le rythme des procédures.
𝗟𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘃𝗶𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, c’est qu’en amiable, la coopération s’impose.
Il ne s’agit plus de défendre une position, mais de servir un lien : non pas le seul lien d’instance qu’organise la procédure civile, mais un lien concret, humain, orienté vers la recherche d’un accord – vers cet accordement que rend possible la contribution de chacun.
Car l’amiable ne trouve son sens que dans cette rencontre-là : celle où les compétences se mettent au service du sens, dans un même devoir de justesse.
Issu des nimbes technocratiques, le décret du 18 juillet 2025 n’a évidemment pas tout réglé, loin s’en faut.
Mais il constitue 𝘂𝗻 « 𝗺𝗼𝗺𝗲𝗻𝘁 » 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗲́𝘃𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲𝘀𝘀𝘂𝗲𝗹 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗳𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 : l’occasion de réfléchir à la manière dont l’amiable progresse, se structure, et appelle à une véritable culture du travail en commun.
𝗔̀ 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗱’𝗲𝗻 𝘁𝗶𝗿𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗿𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗶𝘃𝗮𝗻𝘁𝗲, 𝗶𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝘃𝗲, 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱’𝘂𝗻𝗶𝗿 𝗻𝗼𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘁𝗼̂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝘂𝘅𝘁𝗮𝗽𝗼𝘀𝗲𝗿.
Cela ne relève pas seulement de l’intention, mais d’abord de l’action.
C’est, notamment, une participation concrète à la construction d’outils communs : en l’espèce, par exemple, un modèle de chef de mission de conciliation susceptible d’intégrer les missions expertales classiques, judiciaires ou amiables, dans tous les domaines.

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

