Sous le paradoxe apparent, une réalité très concrète.
Ce lundi, colloque de la section Lyon-Grenoble-Chambéry de la Compagnie Nationale des Experts-Comptables de Justice, présidée par Pierre Bonnet.
Le sujet : le rôle de l’expert après le décret du 18 juillet 2025.
À la tribune, comme dans la salle, des experts, des juges, des avocats.
Des échanges riches.
Avec en filigrane, le constat que le décret ouvre des possibles, mais que la pratique est loin de s’être emparée des nouveaux instruments, que tout reste à faire sur le terrain.
Des échanges plus animés, aussi, lorsque fut abordée la possibilité de donner à l’expert mission de concilier.
Car il y a là une vraie question.
Demander à celui qui produit une vérité technique de piloter ensuite un espace dans lequel son rapport cesse d’être le centre de gravité du dossier, cela ne va pas de soi.
L’occasion d’un nouvel épisode de la querelle des Anciens et des Modernes.
Non pas entre ceux qui auraient raison et ceux qui auraient tort, mais entre des logiques professionnelles qui peinent encore à se rencontrer.
Les uns attachés à la rigueur des rôles, les autres ouverts à leur redéfinition.
En l’espèce, le « juge de paix », ce ne sera ni le texte, ni les colloques.
Ce sera les justiciables et leurs attentes.
Pour l’heure, il y a des habitudes, des équilibres installés, des identités professionnelles construites dans la durée, et qui ne se déplacent jamais sans résistance.
Mais le jour où les justiciables refuseront d’attendre, de subir les délais, de se perdre dans des logiques qui ne sont pas les leurs, les lignes bougeront.
Toutes les bonnes volontés devront être mises à contribution, avec implication et déontologie.
La question n’est sans doute pas de savoir si l’amiable va s’imposer.
Mais qui sera prêt, lorsque ce moment viendra.


