Ca n’a pas marché… et après ?

30/01/2026

Ca n’a pas marché… et après ?

La médiation a échoué, et l’affaire va reprendre rang au rôle de la juridiction.
Comme si de rien n’était – c’est la vie, et ce n’est pas grave.

On pourrait recenser les causes de ces médiations judiciaires qui n’aboutissent pas, et elles seraient nombreuses.
Des parties pas prêtes.
Des situations dans lesquelles chacun devait répondre ailleurs : à un conjoint, à une structure, à une histoire plus vaste que le conflit.
Des avocats qui n’ont pas su jouer le jeu, par scepticisme, par réflexe contentieux, par manque de formation.
Un médiateur qui n’était pas la bonne personne, ou pas au bon moment.

Tout cela existe, mais renvoie au fond à la fragilité inhérente à la médiation : un acte d’adhésion libre, continu, réversible, dans une arène peuplée d’humains.

Et maintenant, rideau.

L’idée d’une recherche commune du juste, un instant touchée du doigt, est abandonnée pour « s’en rapporter à Justice »… c’est-à-dire son exact opposé.

On revient donc au juge.
Un autre humain, comme ces médiés redevenus parties, mais dont leur conflit n’est ni la vie, ni l’affaire.
Ayant épuisé son rôle en matière d’amiable, il revient à sa mission de trancher un litige, d’appliquer une règle.

Les parties savent que cette responsabilité de trouver une solution, qu’elles s’étaient réappropriée dans la médiation, elles la déposent à nouveau au pied de ce tiers.
Elles savent aussi qu’elles se soumettront à ses délais, à son aléa.

Il arrive que ce retour au juge, à cette réalité plus rude, provoque une prise de conscience tardive et ouvre la voie à un accord inattendu, cette fois-ci par l’intermédiaire des avocats – parfois bien plus tard.
Mais on ne peut y compter.

Quant à l’avocat, il avait été convié à favoriser autre chose.
Il avait entrevu la possibilité de contribuer à réparer, et pas seulement à plaider.
Il doit maintenant revenir au dossier, au droit, aux écritures, à la procédure, à ses incidents et ses chicanes.

Il remet sa robe noire.
Il reprend son rôle d’opérateur technique, retrouve l’âpreté de sa mission d’auxiliaire de justice.

C’est son honneur, aussi.

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