Mercredi soir, au Grand Café de la Médiation, nous étions conviés à réfléchir sur une relation singulière : celle entre avocats et médiateurs.
Non pas celle, déjà apaisée, qui unit les médiateurs et les avocats formés à la médiation – là, la confiance existe, chacun sait où est sa place.
Mais celle, plus large, plus difficile aussi, avec les autres avocats du quotidien : ceux qui portent encore en eux la culture judiciaire, celle du prétoire, où l’avocat est au premier plan, sachant et protecteur.
Cette culture ne s’abandonne pas ; elle s’apprivoise, pour autant que l’on accepte de s’adapter à de nouvelles réalités.
Face aux insuffisances d’un judiciaire qui n’est plus en mesure de remplir son rôle et qui, ce faisant, remet en question la mission de l’avocat, celui-ci doit apprendre à se décaler, à faire confiance au client – celui dont, après tout, ce sont les intérêts, la parole, la vie.
Le 𝗱𝗲́𝗰𝗿𝗲𝘁 𝗱𝘂 𝟭𝟴 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟱 participera de ce mouvement.
Tout n’y est pas parfait, les instruments sont inégaux, parfois peu adaptés à la pratique, il y a des premiers pas hésitants et des faux départs.
Mais il marque une étape dans une évolution désormais irréversible.
L’avocat devra y nourrir une nouvelle forme de confiance : avec son client,
avec le médiateur et, parfois même, avec l’autre partie à la médiation – celle dont il était, jusque là, la voix de l’adversité.
Pour cela, il faudra un travail collectif.
Au médiateur, d’abord, de convaincre l’avocat de la pertinence de la démarche, d’ouvrir la voie par la confiance.
À l’avocat, ensuite, de saisir tout le potentiel de ce nouvel espace : celui d’une coopération lucide, où le droit n’est plus un bouclier, pour devenir un cadre non contraignant, et où la parole du client trouve une pleine légitimité.
C’est un apprentissage de posture.
Et c’est, peut-être, la plus belle des transformations : celle qui ne retire rien à l’avocat, et l’inscrit dans un nouveau système de confiance – qui le justifie encore davantage.
Et nous autres avocats, nous avons un atout : les valeurs de notre serment, au premier rang desquelles la 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗰𝗶𝗲𝗻𝗰𝗲, et 𝗹’𝗵𝘂𝗺𝗮𝗻𝗶𝘁𝗲́.
CIMA Médiation et Arbitrage – Association Nationale des Médiateurs

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

