Le réussirai-je ? J’ai travaillé, et je mise donc sur un succès. Avec à la clé, un peu plus tard, mon diplôme universitaire de médiation.
En vérité, l’enjeu va au-delà d’un titre.
Ce moment marque un jalon, dans une trajectoire qui n’était pas écrite, mais qui rejoint celle de beaucoup de confrères ayant déjà franchi le pas.
Car nous sommes de plus en plus nombreux à nous interroger :
➡️ Comment rester fidèles à notre serment dans un monde qui change d’une manière si profonde ?
➡️ Comment exercer autrement, sans s’enfermer dans les logiques d’affrontement — surtout quand le judiciaire est à bout de souffle ?
➡️ Et, à l’heure où l’IA remet en question notre technicité, comment inscrire notre pratique du droit dans une culture du lien — ce qui est une attente croissante de nos clients ?
Bien sûr, lorsque la voie judiciaire s’imposera, je resterai l’artisan rigoureux et combatif du contentieux.
Mais il y a les acquis de l’expérience : nombre de situations appellent des réponses autres que l’espoir d’un jugement favorable, lequel, trop souvent, s’avère lui-même une victoire à la Pyrrhus.
La médiation nous propose un autre rôle : plus discret, moins central. Moins valorisant, en apparence – selon les standards d’ego professionnel.
Mais avec une exigence non moins forte.
Il ne s’agit plus de se mettre en scène, mais de remettre l’autre au premier plan. De suspendre, un temps, notre voix pour mieux entendre celles des parties. De renoncer à convaincre, pour permettre à chacun de s’inscrire dans son chemin propre.
Là où la défense devient parfois un exercice de posture — voire, à l’extrême, d’arrogance (moi-même, je n’ai pas toujours échappé à ce travers) — la médiation nous rappelle une autre forme de présence : s’effacer pour rendre possible l’expression de l’autre.
Elle est dans une intention d’orientation et d’accompagnement.
Créer les conditions de dénouements, trouver des issues aux contentieux. Somme toute, une manière d’honorer autrement la mission qui nous a été confiée.

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

