Je suis né en 1972.
Cette année-là, le mot entre dans le serment traditionnel de l’avocat – dix ans avant que Robert Badinter en fasse la clé de voûte du nouveau serment.
Les qualités professionnelles et humaines de l’avocat prennent alors le pas sur la seule figure de l’auxiliaire de justice.
Pour les magistrats, il aura fallu la loi du 22 novembre 2023 pour que ce même mot s’incorpore à leur serment.
Et en ce mois de décembre 2025, il s’invite explicitement dans leur déontologie, à travers la Charte adoptée par le Conseil supérieur de la magistrature (https://lnkd.in/ednWf_Rm).
Non comme une posture morale, ni comme une concession à l’air du temps, mais bien comme une exigence professionnelle.
Jugeons-en, d’après la traduction qui en est donnée. D’abord, le titre dédié : « Humanité, respect et attention portée à autrui ». Et puis, à l’intérieur : « écoute active et sincère, et capacité à se remettre en cause », intelligibilité de écrits « pour chacun, quelle que soit sa qualité ou sa situation ». En somme, faire preuve d’empathie, prendre soin de son prochain-justiciable.
Loin de toute proclamation solennelle, magistrats et avocats peuvent ainsi se retrouver autour d’un même point d’équilibre :
l’œuvre de justice ne consiste plus seulement à dire le droit, mais à le faire dans un cadre humainement soutenable, au bénéfice de ceux qui en sont les destinataires.
Dans ce paysage, quid de l’amiable ?
Car à bien y regarder, la Charte nouvelle ne le nomme pas.
Mais à lire entre les lignes, et au-delà, sa place est prête.
L’amiable est ce vers quoi l’on se tourne lorsque l’on admet que l’idéal de justice s’exprime mieux dans un espace de parole, de reconnaissance, de reconstruction.
Quelque chose non pas venu d’en haut, mais d’immanent.
Un changement, essentiel – existentiel.
La justice n’est plus seulement chargée d’assurer la cohérence de l’ordre social autour d’une certaine idée de l’individu.
C’est l’humain concret qu’elle place désormais en son centre.
« 𝘚𝘪 𝘫𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘭𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘭𝘢𝘯𝘨𝘶𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘩𝘰𝘮𝘮𝘦𝘴 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘯𝘨𝘦𝘴, 𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘦 𝘯’𝘢𝘪𝘦 𝘱𝘢𝘴 𝘭’𝘢𝘮𝘰𝘶𝘳, 𝘫𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯 𝘢𝘪𝘳𝘢𝘪𝘯 𝘲𝘶𝘪 𝘳𝘦́𝘴𝘰𝘯𝘯𝘦 𝘰𝘶 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘤𝘺𝘮𝘣𝘢𝘭𝘦 𝘳𝘦𝘵𝘦𝘯𝘵𝘪𝘴𝘴𝘢𝘯𝘵𝘦. »
(1 Corinthiens, 13, 1)
Alors, à toutes et à tous,
un bien joyeux Noël.

Allons-nous réussir cette médiation ?
Question lancinante.D’autant plus lorsque tout semble mal parti : un conflit ancien, des positions durcies, une méfiance qui se lit sur les visages avant même

